Accouchement spontané : comment ça se passe ?

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C’est le moment … ce jour que vous avez imaginé des centaines de fois depuis le début de votre grossesse est arrivé. Mais comment cela va-t-il se passer ?

Cet article retrace, dans les grandes lignes, le parcours type par lequel vous passerez si vous accouchez de façon spontanée par voie basse (c’est-à-dire que l’accouchement n’est pas provoqué et que vous accouchez par le bas) depuis le moment où vous arriverez à la maternité et que l’on vous dira que c’est le bon moment jusqu’aux premières heures après la naissance de votre enfant.

Arrivée à l’hôpital

Une fois que vous arrivez à l’hôpital parce que vous pensez que « c’est le moment », vous pouvez, la plupart du temps, vous rendre directement à la maternité où une sage-femme vous accueillera et évaluera la situation. En général, si vous vous présentez à l’hôpital durant la nuit, vous devez entrer par les urgences.

L’évaluation de la sage-femme consiste à faire le point sur la situation et sur la raison de votre venue. La sage-femme devra réaliser un monitoring fœtal (écouter le cœur de bébé) durant environ 30 minutes et évaluer la maturité (ouverture, longueur, épaisseur et consistance) de votre col de l’utérus. Les sages-femmes peuvent aussi prendre vos paramètres, vous faire un test des urines ou encore faire un test afin de vérifier que la poche est bien rompue.

Vous serez alors redirigée vers le service approprié : soit vous devrez vous rendre directement au bloc d’accouchement soit, si le travail a commencé mais qu’il n’est pas encore trop avancé, il est également possible de rester un peu à la maternité.

Si vous avez des contractions douloureuses et régulières :

  • Le travail a commencé, votre col a commencé à s’ouvrir et vous êtes donc bel et bien en travail. Vous vous rendrez donc au bloc d’accouchement.
  • Le travail ne semble pas avoir commencé : le col ne s’ouvre pas, les contractions deviennent irrégulières.

Si la poche des eaux est rompue, vous vous trouverez devant deux cas de figure :

  • Soit la poche des eaux est rompue et le travail a commencé : vous avez des contractions et votre col commence à s’ouvrir… vous irez alors sans doute en salle de naissance pour le début de l’aventure.
  • Soit la poche des eaux est rompue mais le travail n’a pas commencé : vous devrez alors certainement rester à la maternité et si le travail ne se déclenche pas rapidement, vous devrez alors prendre des cachets (par la bouche) afin de déclencher le travail. Cette technique de déclenchement consiste à éviter de rester trop longtemps avec la poche des eaux rompue qui constitue quand même, en cas de rupture prolongée, une porte d’entrée aux infections.

Si vous perdez du sang rouge (= sang frais), cela signifie la plupart du temps que votre col bouge : il s’ouvre donc il saigne. Si les quantités vous paraissent anormales, appelez la sage-femme.

Une fois que les sages-femmes ont décidé que vous deviez rester à l’hôpital, votre gynécologue est prévenu. Si, par hasard, votre gynécologue était absent (ex : vacances), le gynécologue remplaçant ou le gynécologue de garde est alors averti. La sage-femme procède aussi à l’anamnèse (= ensemble de questions sur votre passé médical et votre grossesse).

Salle de naissance pour le travail et l’accouchement

L’ensemble du travail se déroule alors dans une chambre au bloc d’accouchement. La sage-femme passe faire le point régulièrement afin d’évaluer l’avancement du travail et de favoriser le bon déroulement de celui-ci. Tout au long du travail, la sage-femme vous conseillera quant à la gestion de la douleur ou encore quant aux positions à adopter pour un travail optimal. Vous pourrez ainsi utiliser le ballon, différents coussins, la baignoire (si l’hôpital en possède une), etc. C’est également dans cette pièce que la péridurale sera placée si vous en désirez une.

Un accouchement le plus physiologique possible est souvent souhaité. Cependant, il est fréquent – car régulièrement nécessaire – d’user de trucs et astuces pour la bonne progression du travail. Ces derniers ne sont évalués qu’après évaluation de la part de la sage-femme et/ou du gynécologue. Il est donc possible que des actes soient posés afin d’optimiser l’avancement du travail. Les deux actes les plus fréquents sont :

  • La perfusion d’ocytocine : l’ocytocine est l’hormone responsable des contractions utérines. Afin que les contractions soient plus régulières en termes de fréquence et d’intensité, il n’est pas rare de poser une perfusion de Syntocinon®.
  • La rupture artificielle de la poche des eaux : parfois, quand la situation le permet, il est nécessaire de rompre artificiellement la poche des eaux afin de faire avancer le travail. En effet, une fois que la poche des eaux est rompue, la tête de bébé appuie mieux sur votre col qui est mieux sollicité lors de chaque contraction et qui se dilate, en général, un peu plus rapidement.

Une fois que votre col aura donc atteint l’ouverture attendue de 10 cm (= dilatation complète du col) et que votre bébé aura déjà parcouru une bonne partie du chemin, viendra alors le grand moment de l’accouchement. Dans la plupart des hôpitaux, l’accouchement a également lieu dans la même chambre grâce aux lits transformables : le bas du lit s’enlève et ce dernier devient une table d’accouchement.

A moins que votre gynécologue ne soit dans l’hôpital durant votre travail, vous ne verrez probablement celui-ci qu’au moment de l’accouchement. Seront donc présents à votre accouchement, une sage-femme, votre gynécologue et éventuellement un pédiatre. Il est également fréquent qu’une stagiaire sage-femme assiste à l’accouchement. Le gynécologue ou la sage-femme peuvent en fait appeler le pédiatre de garde 24h/24 s’ils le jugent nécessaire ou que l’accouchement est considéré à risque. Le pédiatre sera appelé systématiquement pour une grossesse multiple, un accouchement avec ventouse ou forceps ou un accouchement prématuré.

Dans de rares cas, il se peut que votre gynécologue n’arrive pas à temps pour votre accouchement. Pas de panique ! C’est la sage-femme qui vous a accompagnée durant votre travail qui vous accouchera ou encore un autre gynécologue ou un assistant en gynécologie qui serait sur place.

La réalisation d’une épisiotomie n’est pas systématique mais elle est parfois nécessaire. En effet, lorsque le périnée est trop tendu voire prêt à se déchiré, il est préférable de réaliser une petite incision du périnée au ciseau afin d’éviter des déchirures compliquées.

L’après accouchement …

Une fois que bébé est sorti, si tout va bien (aucun soins immédiats nécessaires), il est alors posé sur le ventre de sa maman qui pourra l’accueillir en peau-à-peau. La sage-femme lui mettra rapidement un petit bonnet afin de l’aider à conserver une bonne température.

Pendant ce temps, le gynécologue pose une pince sur le cordon ombilical (= clampage du cordon) et propose régulièrement au papa de venir couper le cordon (n’hésitez pas à le demander au gynécologue au préalable). Si l’accouchement est un peu difficile ou qu’il faut agir votre pour votre bébé, le gynécologue ne proposera pas souvent au papa de couper le cordon, n’y voyez rien de personnel ou de mal intentionné : c’est le bien-être de votre bébé et de sa maman qui compte avant tout.

Le gynécologue attend alors que le placenta se décolle de votre utérus afin de pouvoir l’enlever et mets des points de suture au niveau de votre périnée si cela est nécessaire (épisiotomie ou déchirure spontanée). La sage-femme est évidemment présente durant tout ce temps pour assister le gynécologue mais également pour vous accompagner.

Toujours dans le cas où aucun soin n’est nécessaire, le contact en peau-à-peau peut durer jusqu’à deux heures. Bien entendu, il peut aussi être partagé avec le papa. C’est pendant ces minutes précieuses que votre bébé va apprendre à respirer et à conserver une bonne température. Observez votre bébé et profitez de ce moment où le regard de votre bébé est souvent très intense. En effet, durant les deux premières heures de vie, un bébé est souvent très éveillé et réceptif au monde extérieur.

La sage-femme, une fois que tout est terminé et que le gynécologue est sorti de la pièce, vérifie la situation (évaluation des saignements, de votre état et de celui de votre enfant). Après ça, la sage-femme vous laisse un peu à trois afin de vous laisser dans votre intimité.

Durant ces deux heures au bloc d’accouchement, votre bébé montrera certainement ses premiers signes de faim : il va tout doucement commencer à essayer de téter. Si vous avez choisi l’allaitement maternel, la sage-femme vous aidera à mettre votre bébé au sein. Si vous avez choisi le biberon, c’est également à ce moment qu’il recevra son premier biberon.

Surveillance pendant deux heures après votre accouchement

Les deux heures au bloc d’accouchement sont obligatoires pour une surveillance rapprochée après votre accouchement. La sage-femme devra alors refaire le point sur la situation une et deux heure(s) après l’heure de votre accouchement ; toujours dans le but de vérifier que tout se passe comme il le faut. Après la première heure, elle évaluera la température de bébé et son état général. Elle évaluera également les pertes de sang de la mère, le fait que son utérus reprenne une certaine tonicité et ses paramètres vitaux (tension artérielle, température, pulsations). Après les deux premières heures, les mêmes évaluations seront réalisées (si la mère a bénéficié d’une péridurale, son cathéter lui sera ôté) mais également les premiers soins de bébé (toujours dans la même pièce) : ses yeux seront « désinfectés », il recevra une petite piqûre de Konakion® (= vitamine K pour la prévention des hémorragies) dans la cuisse. D’autres soins pourront être ajoutés en fonction de la situation : par exemple, si la maman a présenté un diabète de grossesse ou que le bébé a un poids inférieur à 2700g ou supérieur à 4000g, le taux de sucre dans le sang du bébé devra être surveillé régulièrement. Ensuite, il sera pesé, mesuré (taille, périmètre crânien et périmètre thoracique) et habillé. Souvent la maman ne peut pas se lever directement et doit observer les premiers soins depuis son lit. Le papa peut lui se rendre à côté de la sage-femme et participer aux soins.

Après les deux heures de surveillance au bloc d’accouchement, en l’absence de problème, tout le monde est ramené à la maternité. L’équipe de maternité est prévenue de votre arrivée et de ce qu’il s’est passé à votre accouchement.

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