La dépression postnatale

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L’épuisement maternel et la dépression des mères sont longtemps restés des sujets très tabous.

La société a tendance à idéaliser la maternité à tel point que les mères n’osent pas dire quand ça ne va pas … Un article publié dans le soir soulignait le fait qu’il y a « un tel tabou sur la question de la dépression postnatale que chaque femme se croit unique dans sa détresse, croit être anormale ou culpabilise en croyant ne pas aimer son enfant ».

En effet, il est souvent difficile pour une maman d’avouer qu’elle n’en peut plus de son enfant, qu’elle a envie de le jeter par la fenêtre, de l’abandonner au supermarché ou encore de s’enfuir loin et SEULE pour souffler ! Mais quelle est la limite entre ces deux concepts ?

La grossesse et l’accouchement sont deux étapes très importantes dans la vie d’une femme. Le fait d’avoir un bébé entraine des changements intenses dans le rôle et les responsabilités des femmes ; ce qui peut être très stressant voir totalement déstabilisant pour certaines femmes. Les mères présentent souvent de nombreuses peurs quant à la sécurité de leur bébé et certaines manquent de confiance en elles-mêmes, en leurs compétences et en leurs capacités à s’occuper de leur bébé. Il est donc très important que les mères se sentent soutenues et épaulées dans cette transition vers la maternité.

De tels changements additionnés à la fatigue, au surmenage, aux autres problèmes de la vie quotidienne, à un allaitement difficile, à une famille ou une belle-famille envahissante, à un papa pas très présent, etc. peuvent faire sombrer les femmes dans un mal-être persistant appelé la dépression postnatale. Des coups de blues au quotidien sont évidemment normaux, le problème de la dépression s’installe quand des pensées négatives envahissent vos journées, qu’il vous est difficile de vous lever ou d’accomplir des tâches du quotidien, qu’il vous est difficile de rire ou de prendre du plaisir dans vos activités, que vous vous sentez épuisée, que vous vous sentez seule, triste ou en colère, …

Dans les pays développés comme le nôtre, la prévalence de la dépression postnatale varie entre 1.9% et 82.1% selon les études (le taux le plus bas de dépression a été enregistré en Allemagne et le plus haut aux Etats-Unis). En Belgique, la dépression postnatale ou dépression du post-partum peut toucher jusqu’à 20% des mères.

Il y a un très bon article sur le site Naitre et grandir au sujet de la dépression du post-partum. On y parle également de la dépression chez les pères (qu’il ne faut pas oublier ni négliger).

Une brochure intitulée « Avec un nouveau bébé, la vie n’est pas toujours rose » traite des troubles de l’humeur du post-partum en passant notamment par le baby-blues, la dépression et la psychose du post-partum. La brochure donne également des conseils sur ce que vous pouvez faire mais également sur les personnes à qui demander de l’aide.

Le site Yapaka a aussi publié une vidéo concernant la prévention de la dépression postnatale.

L’ONE avait aussi fait paraître un article intitulé : « La dépression postnatale : un risque de négligence négligé par la société ».

Le site de Mithra vous parle également de la dépression postnatale dans son article « La dépression post-partum, qu’est-ce que c’est ? ».

 

Osons lever le tabou

On commence aujourd’hui à lever le tabou sur cet état psychologique des mères grâce aux témoignages de quelques courageuses mamans mais encore trop de mères s’enferment dans ce qu’elles vivent et n’osent pas en parler ! Alors, essayons de lever le tabou toutes ensemble … N’hésitez pas à parler de votre ressenti autour de vous : à votre compagnon, à votre maman, à votre famille, à vos ami(e)s, … Il n’est pas toujours facile de parler à son entourage surtout de choses négatives ou qui nous font « honte ». Si vous n’arrivez pas à en parler à vos proches : consultez un médecin, une sage-femme, un psychologue ou tout autre professionnel que vous jugerez utile pour vous décharger de ce poids. Oser demander de l’aide demande beaucoup de courage mais vous devez vous sortir de cette situation pour vous sentir mieux.

Il n’est pas toujours évident de trouver des spécialistes notamment si personne dans votre entourage n’en connaît. La mutualité Solidaris a créé un outil permettant de trouver des spécialistes près de chez soi. Il s’agit uniquement de prestataires agréés (c’est-à-dire qu’ils sont reconnus par Solidaris dans le cadre de leur Assurance Complémentaire ce qui vous permet de bénéficier d’un remboursement chez eux). Le but n’est évidemment pas de faire des contrats chez Solidaris mais bien de trouver des prestataires près de chez vous ! Si vous cherchez un psychologue, sélectionnez « psychologue » dans la liste déroulante et tapez votre code postal. Une liste des psychologues dans votre région vous sera alors fournie. Si vous cherchez une sage-femme, sélectionnez « accoucheuse » dans la liste déroulante et tapez votre code postal. Et ainsi de suite.

Vous pouvez également trouver des sages-femmes en fonction de leur spécialité sur le site de l’UPSFB. Il vous suffit donc de chercher des sages-femmes ayant la spécialité « accompagnement ou suivi postnatal ».

Par cet article, j’aimerais vous proposer une vidéo très intéressante sur le sujet : « La vie avec un nouveau bébé et les troubles post-partum ». Il s’agit de témoignages de mamans au Québec ayant vécu des difficultés psychologiques autour de leur accouchement. Cette vidéo est également commentée par une professionnelle de la santé afin de vous donner des trucs et astuces visant à vous aider, à vous protéger et/ou à vous sortir de ces difficultés psychologiques.

Lors d’un congrès récent (avril 2017), j’ai entendu parler de l’association « Maman Blues » qui est un site internet traitant de la difficulté maternelle. Si vous vous sentez concernée, vous pourrez y trouver de nombreux témoignages de mamans qui ont également vécu ce genre de difficultés ainsi que des solutions potentielles pour vous aider dans votre détresse.

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