La péridurale

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La péridurale est une anesthésie permettant de supprimer ou diminuer les sensations douloureuses liées aux contractions utérines. Il s’agit d’une anesthésie qui n’endormira que le bas de votre corps sans modifier votre état de conscience c’est-à-dire sans vous endormir.

Accoucher avec ou sans péridurale ? C’est à vous de choisir …

La péridurale n’est pas obligatoire dans le cadre d’un accouchement normal. Il s’agit d’un choix personnel. Certaines femmes voudront gérer leur douleur grâce aux cours qu’elles auront eus (relaxation, respiration, etc.), d’autres voudront avoir recours à des techniques parallèles (hypnose, acupuncture, etc.), d’autres encore préfèreront avoir recours à la péridurale.

Avant d’arriver à l’hôpital, vous vous serez certainement posé la question plus d’une fois : est-ce que je veux la péridurale ou non ? Vous aurez imaginé votre accouchement et pensé à ce que vous vouliez et ne vouliez pas … Une fois le jour J arrivé, il est possible que tout se passe comme vous l’aviez imaginé mais il est possible également que tout ce que vous aviez imaginé ne soit en fait pas la réalité. Soyez prête à toutes éventualités car l’obstétrique est une science très inexacte 

Certaines mamans veulent absolument accoucher sans péridurale mais il faut savoir que les contractions sont très douloureuses ; qu’un travail long est fatiguant et modifiera votre résistance à la douleur ; et que l’accouchement en lui-même est également très douloureux. Accoucher avec péridurale est loin d’être un échec ! Parfois, la péridurale vous aidera à reprendre des forces pour être mieux disposée à pousser lors de votre accouchement ; parfois aussi, la sage-femme vous conseillera de prendre la péridurale car la douleur vous crispera et la péridurale vous aidera alors à vous détendre ainsi qu’à détendre votre col de l’utérus qui aura parfois plus facile à se relâcher après la pose de la péridurale … Bien sûr certaines mamans, même avec un travail long et fatiguant ne voudront jamais la péridurale et y arriveront. A chacune son expérience …

A l’inverse, d’autres mamans s’étaient imaginées prendre la péridurale pour leur accouchement et en arrivant à la maternité, leur col était déjà ouvert de 9 cm et leur bébé prêt à sortir : l’accouchement était imminent. Pas le temps de mettre la péridurale ! En effet, le temps d’appeler l’anesthésiste, de placer la péridurale et surtout que la péridurale fasse effet, le bébé serait déjà sorti … Il est également parfois très difficile pour ces mamans d’accepter le fait d’accoucher sans péridurale, elles s’étaient préparées à ne pas avoir mal mais la nature en a décidé autrement.

 

Il est possible aussi de ne pas avoir le choix : en effet, certaines femmes ne pourront pas avoir de péridurale. C’est le cas des femmes qui auraient des troubles de la coagulation (problèmes de plaquettes notamment) ou une grosse infection au niveau du dos (exemple : abcès) ne peuvent pas avoir une péridurale. Une grosse scoliose, une grosse lordose ou un gros excès de poids peuvent rendre la pose de la péridurale très difficile voire impossible. Certains tatouages au niveau du bas du dos empêcheront également la pose de la péridurale. En effet, il est possible que l’encre utilisé pour le tatouage se glisse au sein de l’espace péridural et les médecins ne veulent pas en prendre le risque.

 

Avant d’arriver à l’hôpital

Votre gynécologue vous remettra un questionnaire à remplir et vous prescrira une prise de sang afin de déterminer s’il n’y a pas de contre-indications à vous poser une péridurale. Si l’une des réponses au questionnaire et/ou la prise de sang semble(nt) poser problème ou encore si vous ressentez le besoin de poser des questions supplémentaires concernant la péridurale, une consultation avec un médecin anesthésiste sera organisée à l’hôpital dans lequel vous accoucherez quelques semaines avant votre accouchement. Il pourra vous poser des questions supplémentaires, vérifier votre prise de sang (voire vous en prescrire une autre), faire le point sur votre situation médicale et répondre à vos questions. N’hésitez donc pas à lui poser toutes les questions que vous vous posez !

Dans certains hôpitaux, des séances d’information concernant la péridurale sont organisées : renseignez-vous auprès de l’hôpital dans lequel vous allez accoucher.

La pose de la péridurale : comment ça se passe ?

La péridurale est réalisée uniquement par des médecins anesthésistes.

Quand vous faites la demande d’avoir la péridurale, la sage-femme appelle l’anesthésiste désigné responsable pour la salle de naissance. La péridurale se place en salle de naissance dans la chambre ou vous ferez votre travail.

Une fois que l’anesthésiste arrive, vous devrez être en position assise (certaines péridurale peuvent parfois se mettre en position couchée sur le côté).

L’anesthésiste vous fera d’abord une petite piqûre pour endormir votre peau : comme chez le dentiste, c’est assez désagréable.

Ensuite, une fois que la peau est bien endormie, l’anesthésiste introduira une aiguille creuse (comme un petit tube) spécifique à l’anesthésie péridurale dans votre dos pour atteindre « l’espace péridural » qui se trouve entre deux vertèbres lombaires.

Une fois le tube en place, l’anesthésiste y introduit un fin cathéter (comme un petit tuyau) qui restera en place jusqu’à votre accouchement et il retire l’aiguille creuse de votre dos. Au moment où le cathéter est introduit, il se peut que vous ressentiez des décharges électriques dans le bas du dos, les fesses ou les jambes. C’est surprenant mais passager.

Il ne reste plus alors qu’à fixer le cathéter pour qu’il reste bien en place. La plupart du temps, un spray très froid est d’abord appliqué, ensuite, un pansement est fait pour bien maintenir le cathéter.

Une fois que le cathéter est fixé, vous devez alors vous remettre sur le dos afin que l’on puisse injecter la première dose d’anesthésiant qui est le produit qui va calmer vos contractions.

Ensuite, une seringue sera directement reliée au cathéter dans votre dos et une petite dose sera injectée en continu jusqu’à votre accouchement pour que la sensation de soulagement de la douleur continue.

Il faut quand même attendre quelques minutes (5 à 10 minutes) pour que la péridurale fasse effet. Il est possible que vous fassiez des chutes de tension ou un petit malaise après la pose de la péridurale. La sage-femme surveillera donc votre tension et vos pulsations ainsi que le rythme cardiaque de votre bébé. N’hésitez pas à lui dire si vous ne vous sentez pas bien. Si votre tension chute, celle de votre bébé chutera normalement un peu aussi et les battements de son cœur seront donc un petit peu ralentis : cela n’a aucune conséquence néfaste ni pour vous ni pour votre enfant car ces petits chutes de tension sont prises en charge immédiatement.

Une bonne coopération de votre part est essentielle pour arriver à mettre la péridurale. En effet, une bonne position est la clé de la réussite lors du placement de la péridurale. Il est nécessaire que vous soyez assise et que vous fassiez un dos très rond pour « écarter vos vertèbres » et faciliter le passage du cathéter. Il est donc important que vous écoutiez bien les consignes de la sage-femme. Cela a l’air très simple comme ça mais avec un « gros bidou » et des contractions douloureuses, la position n’est pas toujours facile à tenir. Essayez d’appliquer les consignes et de ne pas bouger pendant vos contractions. Si c’est insoutenable, n’hésitez pas à signaler quand vous avez une contraction.

Le travail avec une péridurale

Le soulagement des douleurs après la pose de la péridurale est donc souvent très rapide. Cependant, il faut savoir qu’aujourd’hui, les péridurales sont beaucoup mieux maitrisées. L’idéal, du point de vue obstétrical, est de ne plus avoir la sensation de douleur tout en continuant quand même à pouvoir bouger vos jambes et vous mobiliser. Il faut savoir qu’il est donc possible de ne plus avoir mal mais toujours ressentir une sensation de pression au niveau de votre utérus. Après la pose de la péridurale vous pouvez aussi avoir des fourmis dans les jambes et/ou avoir les jambes lourdes voire même ne plus savoir bouger vos jambes au début.

Le fait d’avoir votre péridurale induit donc le fait que vous ne pouvez plus vous lever (même pas pour aller aux toilettes !). En effet, la péridurale agissant au niveau des jambes également, il faut vous préserver d’un risque de chute.

Durant le travail, il est préférable de se mobiliser afin de faciliter la descente de votre bébé dans votre bassin et donc l’avancement du travail. Vous ne pourrez pas marcher avec votre péridurale mais cela ne vous empêchera pas de vous mobiliser. En effet, il existe de nombreuses positions que vous pourrez adopter sans vous lever. Les sages-femmes vous placeront dans des positions favorisant l’avancée de votre travail et feront parfois preuve de beaucoup d’imagination en termes de positions originales 🙂

 

Il faut également savoir qu’il est rare mais possible qu’une péridurale ne fonctionne pas de façon optimale c’est-à-dire qu’il est possible que vous continuiez à ressentir des douleurs. Il est aussi possible que la péridurale soit « latéralisée » c’est-à-dire que, soit par votre position soit par la position du cathéter, le produit anesthésiant ne soit diffusé que d’un côté de votre corps qui sera endormi ; vous pouvez alors ressentir les douleurs des contractions de l’autre côté. Enfin, si votre travail dure longtemps, il est également possible que l’effet de la péridurale s’estompe et que vous ressentiez des douleurs que vous ne ressentiez plus jusque-là. Parlez de vos sensations à la sage-femme. Il est souvent possible d’améliorer l’efficacité de la péridurale (soit en vous rendant une dose d’anesthésiant soit en bougeant un peu le cathéter dans votre dos). Cependant, il faut quand même savoir, qu’il est parfois nécessaire de devoir replacer la péridurale.

L’accouchement avec la péridurale

Le but de la péridurale est aujourd’hui de diminuer l’inconfort lié à la douleur des contractions utérines tout en préservant les sensations de la mère. En effet, le corps obstétrical (gynécologues et sages-femmes) juge qu’il est important pour la mère de continuer à ressentir les contractions (sans avoir mal, sensation de serrage du ventre) et accompagner ainsi son bébé jusqu’à sa naissance. En effet, ce n’est pas parce que vous en sentez plus les douleurs des contractions que votre bébé n’est plus soumis aux pressions qu’elles exercent sur lui.

Ce n’est pas parce que vous avez une péridurale que vous n’allez rien sentir ! En effet, la péridurale agit très bien sur les douleurs musculaires et nerveuses mais il est très difficile de contrôler les douleurs osseuses. Or, à la fin du travail, votre bassin s’écarte petit à petit pour laisser passer votre enfant, il est donc possible que vous ressentiez des douleurs à cet endroit. Le passage de votre bébé dans votre bassin lors de sa naissance entraîne également des douleurs osseuses qui peuvent être ressenties. Ces douleurs vous paraitront très fortes si vous ne pensiez rien sentir du tout durant votre accouchement. Si vous y êtes préparées, il n’y aura aucun problème. Dites-vous bien qu’avec la péridurale, les douleurs de l’accouchement sont de toute façon très fortement atténuées même si vous les ressentez.

Avec la péridurale, l’envie de pousser est également souvent diminuée au moment de l’accouchement. C’est la raison pour laquelle il est préférable que vous sentiez arrivez votre contraction : pour pouvoir pousser en même temps que la contraction. Il faut unir ses efforts de poussée avec les contractions afin que cela soit efficace et que votre bébé puisse sortir.

L’après accouchement

Il est bénéfique de se lever rapidement après son accouchement. Cependant, avec la péridurale vous n’êtes pas à l’abri d’une petite faiblesse passagère dans les jambes ou d’un risque de chute de tension artérielle. Faites donc attention les premières fois que vous vous lèverez après votre accouchement ! Asseyez-vous d’abord au bord du lit, vérifiez que vous n’avez pas la tête qui tourne et levez-vous en douceur … Veillez surtout à être TOUJOURS ACCOMPAGNEE pour votre premier levé après l’accouchement (par votre compagnon, votre famille ou la sage-femme) !

La péridurale peut entrainer une perte passagère de la sensation de devoir aller aux toilettes. Il est possible également d’avoir des difficultés transitoires pour uriner. Les sages-femmes surveilleront donc que vous fassiez bien pipi durant les premières heures suivant votre accouchement. Si vous n’arrivez pas à uriner, il est possible que la sage-femme utilise une petite sonde pour vider votre vessie. En effet, il est très important d’uriner après votre accouchement afin de laisser la place nécessaire à votre utérus pour reprendre sa position.

Vous pouvez également ressentir des douleurs dans le dos à l’endroit où l’anesthésiste vous aura piquée. Vous pouvez avoir mal quelques jours mais cela passe assez rapidement.

Si des dérivés de la morphine sont utilisés pour l’anesthésiant, vous pouvez ressentir des vertiges, des nausées ou encore des démangeaisons. Cela restera passager également.

Enfin, cela est très rare mais il arrive que pendant la pose de la péridurale, l’aiguille utilisée fasse un petit trou dans la membrane située juste après l’espace péridural : c’est ce qu’on appelle une « brèche de la dure-mère ». Cela peut provoquer des gros maux de tête. Un traitement particulier pour aller reboucher ce petit trou sera alors nécessaire.

Les risques et bénéfices liés à la péridurale

Tout acte médical pratiqué dans le respect de l’art et des compétences médicales implique un risque. Il s’agit d’une anesthésie mais les conditions actuelles d’application et de surveillance de la péridurale permettent de repérer rapidement les éventuels problèmes et d’y remédier au plus vite.

En plus des risques et effets secondaires de la péridurale pouvant être rencontrés après l’accouchement (voir ci-dessus), des complications plus graves ont été décrites (paralysie permanente, perte de sensations plus ou moins étendues dans le bas du corps, convulsions, arrêt cardiaque). Il faut néanmoins savoir que ces complications sont extrêmement rares : en effet, quelques cas ont été décrits depuis l’apparition de la péridurale alors que des millions de péridurales sont réalisées chaque année dans le monde (33.263 femmes en Belgique en 2013 selon les données de2015 de l’ONE).

Il est important de noter qu’un accouchement avec péridurale ne présente pas plus de risques qu’un accouchement sans péridurale et que les risques liés à la péridurale sont moins nombreux que les risques liés à l’accouchement lui-même.

Les bénéfices de la péridurale résident dans l’apaisement de la douleur et la possibilité de souffler et de se reposer un peu pour la mère. Un autre avantage de la péridurale est lorsque qu’il faut faire une césarienne en urgence : il n’y a pas besoin de refaire une autre anesthésie puisque le cathéter est déjà en place, il suffit de réinjecter du produit anesthésiant. Enfin, la péridurale présente aussi l’avantage d’apaiser les douleurs en cas de suture du périnée après l’accouchement (épisiotomie, déchirure du périnée) ou encore en cas d’extraction manuelle du placenta (il peut arriver que le placenta ne se décolle pas tout seul de l’utérus et que le gynécologue doive aller le décoller à la main pour permettre à l’utérus de se contracter et de reprendre sa place initiale).

 

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