Le burn-out maternel

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L’épuisement maternel et la dépression des mères sont longtemps restés des sujets très tabous.

La société a tendance à idéaliser la maternité à tel point que les mères n’osent pas dire quand ça ne va pas … Un article publié dans le Soir soulignait le fait qu’il y a « un tel tabou sur la question de la dépression postnatale que chaque femme se croit unique dans sa détresse, croit être anormale ou culpabilise en croyant ne pas aimer son enfant ».

En effet, il est souvent difficile pour une maman d’avouer qu’elle n’en peut plus de son enfant, qu’elle a envie de le jeter par la fenêtre, de l’abandonner au supermarché ou encore de s’enfuir loin et SEULE pour souffler !

Violaine Guéritault, psychologue ayant écrit le livre « La fatigue émotionnelle et physique des mères », mets en évidence un fait qui ne semblait jusque-là pas encore si évident que ça :

« une mère se doit d’être « de garde » 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an, quelles que soient les circonstances, pendant un nombre d’années indéterminé et sans que la possibilité de démissionner ne soit jamais une option ».

Cette psychologue décrit la maternité comme un poste à hautes responsabilités et a parlé pour la première fois de la possibilité d’un « burn-out » maternel ; concept qui n’avait été reconnu jusque-là que dans le monde professionnel. Les mères déploient énormément d’énergie à essayer d’être LA mère parfait à tout prix. Une fatigue de plus en plus intense peut alors s’installer et le burn-out commence très souvent par une fatigue permanente dont les mères n’arrivent pas à récupérer, ni physiquement, ni psychologiquement. Le burn-out maternel correspondrait donc à un épuisement extrêmement sérieux.

La difficulté principale réside dans le fait que le « travail de mère » n’est pas souvent reconnu comme un travail. La société place la maternité sur un piédestal sur lequel les mères ne peuvent qu’être épanouies (surtout à cette époque où la contraception nous permet de choisir quand on veut un bébé !). Les mères reçoivent donc très peu de reconnaissance pour ce qu’elles font. Seules les autres mères peuvent vous comprendre … 

Le Ligueur a écrit un article très intéressant sur le burn-out maternel et l’idéalisation sociale de la maternité : « Le burn-out maternel, oui, ça existe ».

Osons lever le tabou

On commence aujourd’hui à lever le tabou sur cet état psychologique des mères grâce aux témoignages de quelques courageuses mamans mais encore trop de mères s’enferment dans ce qu’elles vivent et n’osent pas en parler ! Alors, essayons de lever le tabou toutes ensemble … N’hésitez pas à parler de votre ressenti autour de vous : à votre compagnon, à votre maman, à votre famille, à vos ami(e)s, … Il n’est pas toujours facile de parler à son entourage surtout de choses négatives ou qui nous font « honte ». Si vous n’arrivez pas à en parler à vos proches : consultez un médecin, une sage-femme, un psychologue ou tout autre professionnel que vous jugerez utile pour vous décharger de ce poids. Oser demander de l’aide demande beaucoup de courage mais vous devez vous sortir de cette situation pour vous sentir mieux.

Il n’est pas toujours évident de trouver des spécialistes notamment si personne dans votre entourage n’en connaît. La mutualité Solidaris a créé un outil permettant de trouver des spécialistes près de chez soi. Il s’agit uniquement de prestataires agréés (c’est-à-dire qu’ils sont reconnus par Solidaris dans le cadre de leur Assurance Complémentaire ce qui vous permet de bénéficier d’un remboursement chez eux). Le but n’est évidemment pas de faire des contrats chez Solidaris mais bien de trouver des prestataires près de chez vous ! Si vous cherchez un psychologue, sélectionnez « psychologue » dans la liste déroulante et tapez votre code postal. Une liste des psychologues dans votre région vous sera alors fournie. Si vous cherchez une sage-femme, sélectionnez « accoucheuse » dans la liste déroulante et tapez votre code postal. Et ainsi de suite.

Vous pouvez également trouver des sages-femmes en fonction de leur spécialité sur le site de l’UPSFB. Il vous suffit donc de chercher des sages-femmes ayant la spécialité « accompagnement ou suivi postnatal ».

Par cet article, j’aimerais vous proposer une vidéo très intéressante sur le sujet : « La vie avec un nouveau bébé et les troubles post-partum ». Il s’agit de témoignages de mamans au Québec ayant vécu des difficultés psychologiques autour de leur accouchement. Cette vidéo est également commentée par une professionnelle de la santé afin de vous donner des trucs et astuces visant à vous aider, à vous protéger et/ou à vous sortir de ces difficultés psychologiques.

Lors d’un congrès récent (avril 2017), j’ai entendu parler de l’association « Maman Blues » qui est un site internet traitant de la difficulté maternelle. Si vous vous sentez concernée, vous pourrez y trouver de nombreux témoignages de mamans qui ont également vécu ce genre de difficultés ainsi que des solutions potentielles pour vous aider dans votre détresse.

Dépression postnatale ou burn-out maternel ?

Il est vrai que l’on parle parfois de burn-out parfois de dépression mais il n’est pas toujours facile de différencier ces deux concepts. Il est souvent plus facile de parler de burn-out que de dépression. En effet, le burn-out est moins stigmatisant et plus facilement accepté dans notre société que la dépression. Certaines définitions du burn-out se rapprochent donc très fort de la définition de la dépression postnatale. Je dirais [et il s’agit uniquement de mon interprétation personnelle] que le burn-out est apparenté à un véritable épuisement qui peut mener à la dépression qui serait un stade plus grave du burn-out par la multitude de pensées négatives qu’elle engendre.

Quoi qu’il en soit, dans les deux cas, ne restez pas seule, il est important de parler de votre ressenti et de vous faire aider …

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